Les débris d’un poème…!!!

J’ai grandi au milieu de pensées qui sont nées du chao…..J’ai appris à formuler des phrases en cherchant les lettres et les mots au milieu de débris d’une vie qui s’est écroulée sur le rivage d’un océan d’illusions….

            J’y ai appris à aimer aussi….

            Dans ce désordre -et le chao de mes poèmes- j’ai oublié que le monde ne parle pas le même langage que moi…..Que l’encre qui s’écroule sur la tristesse de ce papier….le forçant à donner visage aux brulures des mots qui me traversent……Cet encre est fait de sang d’âmes qui se sont consommées pour éclairer  les nuits de gens qui ne vivent que pour assassiner les rêves et les regards…..

            …Me réduire au silence…périr dans l’indifférence des jours….

            Entre chaque regret et chaque blessure j’ai planté une rose…..entre chaque fuite et chaque séparation j’ai retenu mes larmes…..pour ne pas mourir de soif sur les routes que j’ais encore à parcourir……Entre chaque regard et chaque voyage j’ai essayé de sourire pour donner espoir à des lèvres qui vivent dans l’hésitation et l’envie…..dans l’aspiration à un moment d’insouciance….à ne plus se demander de quoi sera fait demain…

            Au milieu de milliers d’idées….défragmentées….dispersées un peu partout dans cet horizon qui m’habite….

            Des pensées qui saignent l’encre de ma plume….la rendre inanimée…..l’asséchée comme un cadavre qui a périe au milieu d’un désert où le soleil a épousé la mort….

            Au milieu de pensées qui essayent de réanimer ces corps dépourvues de vie et d’envie…..Guérir ces blessures que le monde traine sur les routes de l’oubli….sans larmes…ni haine non plus….

            Sur des routes où les regards se sont éteint…où les rêves se sont dispersés avec les lettres que nous avons envoyés dans nos moment du désespoir….dans un épuisant recommencement….des cries d’abandon….d’amour…et d’à dieux aussi…..

            J’ai cessé d’écrire sur une terre où je n’avais plus le droit de toucher la main de celle que j’aimais…..

            Sur cette terre où la poésie est prisonnière de l’obscurité d’un monde où les rêves d’amour sont malmenés….chaque jour…chaque instant….à chaque battement de cœur…à chaque fois qu’on me tue sans qu’on ait envie de m’enterrer…..Montrer les cicatrices de mon âme comme trophée….

            Une pensée me pèse à s’en évanouir…..Si ma mère venait me parler dans mes rêves…..me reprocher d’être parti…me dire que la colline me pleure….que le vieil olivier n’arrive pas à faire le deuil de cet enfant qu’il avait adopté un matin d’hiver…..cet enfant que les montagnes avaient mis au monde….

            La peur de voir les larmes de ma mère….son regard blessé en train de me reprocher le fait d’avoir trahis ma promesse…celle que je lui ai fait …ressusciter la liberté dans ses yeux….ne plus me cacher derrière les mots…ou derrière l’habille de l’errant solitaire que je suis….redonner une raison d’espérer à l’enfant que je suis…à l’âme que j’ai enterré quelque part sur cette route qui traverse ma vie…..