Sous la pluie d’une nuit hivernale…!!!

Quand l’oubli se promène dans ma pensée…

Quand les gens se précipitent sur la tombe de leurs souvenirs…

Quand le temps passe sans prendre le temps de nous regarder. …

Quand je vois mes mains trembler sous cette pluie hivernale…

Quand je ressens que mes forces s’écroulent sous le zénith de ce jour…

Je m’y arrête regardant la foule pressée…

Se précipitant vers ce lointain serment….

Quelle vie ?

Quel rêve ?

Quel besoin à en courir ?

Croire en le pourvoir de cette foi inabordable…

Tout ce que ces doutes valent…

Des rires et des larmes qui se mêlent….

On y voit que l’ombre de sa splendeur….

Les yeux se sont habitués  à l’ombre…

Loin de la lumière de ces jours pressés….

Loin des envies d’un rêve incompris….

Loin d’un doute qui nous pousse à déserter….

Combien de vents nous ont enterré ?…

Combien de larmes nous avons fais couler ?….

Combien de silences nous avons causé ?…..

A quoi bon s’en vouloir ?….

A la folie…!!

A l’indifférence….!!

A travers des mélodies et des murmures….

La profondeur de nos âmes nous noient désormais…

Absurde frisson qui nous gagne….

Nous, qui luttons le long de ces routes…

L’innocence d’un moment….

La blessure d’un regard….

Loin de nous, ces regrets nous guettant du haut de la colline….

Là où le couchant veille sur ce lointain passé….

Là où nos vies ont commencé….

Là où on s’est perdu pour de vrai….

Sourires aveugles….

Mélodies solitaires….

Rêves orphelins…

Ce tas de chants dispersés  dans l’espace…

Chacun racontant l’histoire des blessures que nous sommes…

Des larmes tombant, se mêlant à la pluie….

Moi, sous cette pluie…..

Je marche pour l’oubli…..

Je parcoure cette route…..

Derrière ce mûr solitaire….

Là où nous avons tous pleuré…

Là ou nous avions laissé une partie de nous….

Car nous sommes….

Le doute et la certitude….

La joie et la tristesse….

L’amour et la haine….

Le souvenir et l’oubli….

Ce conflit éternel…

Qui fait de nous des êtres en vie….

L’insomnie d’une étoile….!!!

Au milieu de ce silence qui m’accompagne….

Tout au long de ce voyage….

Au milieu de cette nuit pluvieuse…..

Que les anges ont remplies de chants et de mélodies….

Que seules les cœurs passionnés sachent entendre…..

Au milieu de cette nuit que je traverse avec mes pensées…

Il y a mon cœur qui se projette vers l’horizon….

 

Mes yeux contemplant ce lointain matin qui avance dans l’ombre de ces nuages….

Caressant le visage de ce ciel endormi…..

Une étoile s’accrochant à l’infinité de ce vide absolu…

Me rendant visite dans mes pensées….

Faisant briller mon regard perdu….

 

J’avance au milieu du silence de cette nuit….

L’inconnu me tient compagnie….

La peur me supplie….

La nuit ne cesse de s’abandonner aux appels de l’aube….

Cette lumière caressant mon visage…..

 

Toi, ma lumière…

Ce frisson qui m’accroche à la vie….…

Une pensée naïve habitant mon esprit…

La seule à ne pas y être perdue….

 

Mon cœur me confessant son silence….

Un rêve, une vie, une envie……

Il n’a pas oublié le printemps et ses promesses…

Il bat pour cette lumière…

Sa joie et sa folie…

 

Au milieu de ce silence que je traverse….

Au milieu de cette nuit…

Mon cœur me parle….

Mon regard courant vers l’horizon….

Moi, restant à t’écouter….

 

Des rêves en rose et en lumières…

Priant Dieu avec le peu de mots que j’ai…

Lui reconnaissant de m’avoir obligé de m’arrêter….

De m’abandonner à l’innocence de ces mots….

Toi, cette folie qui illumine désormais ma vie…

 

Dans le jardin des ombres et des âmes perdues..!!

Des fois on se sent perdu au milieu de nos pensées et de nos interrogations qui nous rythment, rangeant nos vies. On se demande si on avait fait les bons choix. Si on avait bien calculé notre chute. Si on aurait pas du prendre telle route au lieu de celle que nous avons emprunté.

            Des fois on se cherche du réconfort dans les échecs des autres et le mal que tel ou tel a fait. Des excuses dans ce néant qui voile nos regards, faussant notre perception logique des choses.

             Des fois nous avons juste besoin d’un regard, un mot, un sourire pour nous permettre d’aller jusqu’au bout de nos rêves. Rejoindre, ou du moins se rapprocher des objectifs que nous nous sommes fixés tout au long des chemins que nous avons traversé, de grès ou de force.

            Nos cœurs se sentent vidés dans de tels moments, où le silence se mélange au vide d’un instant faisant de nous des objets inertes combattant désespérément les vagues du vide qui nous entoure. Là où nous nous bousculons d’une rive à l’autre sans que personne ne se prend de pitié ni d’affection à la déchéance qui couvre nos corps…La perdition que nous sommes.

            Des fois on essaye de nous inventer une existence en nous rendons dans les obscurités de notre passé lointain. Cette vie qui a périe dans les profondeurs de l’oubli que nos souvenirs semblent incapables d’atteindre, ni de ramener à la vie. Lui donner une autre chance pour nous aider à réécrire la feuille de notre destin. Changer des parcours, effacer et rajouter des visages et des rencontres. Nous permettre de moins subir le poids de nos jours et la cruauté de nos échecs.

            Des fois une voix nous renvois loin, au fin fond de nos êtres, nous obligeant à nous voir avec la nudité du premier jour de notre venue dans ce monde. Contempler, à plein visage, nos doutes et nos incertitudes. Enlever le masque de tous les jours pour, enfin, nous voir dans le miroir des vérités. Celui qui nous parle avec des mots crus, ne se souciant pas de ce qu’on veut être, mais nous renvoyant ce que nous sommes en vrai. Des âmes perdues, des êtres incertains, des rêves avortés et beaucoup de mensonges colorant l’artifice de nos vies d’empreint.

            Des fois on a juste envie de pleurer avec la sincérité d’un moment de solitude. Laisser nos larmes couler sur nos joues sans qu’on ait à avoir peur du regard des gens. Ne pas avoir peur de faire pitié et d’engendrer des égratignures. Nous mettre par terre et la prendre dans nos mains en nous parlant à nous-mêmes. Nous confesser à un arbre ou une pierre qui était témoin de l’innocence de notre enfance. Revenir sur la tombe d’un souvenir heureux qui nous a appris à aimer et à sourire avec la naïveté d’un ruisseau se jetant dans l’infinité d’un océan.

            Des fois on se pose des questions sur ce qu’on est et ce qu’on aimerait être. Se plaindre à ne plus en finir avec des mots insensés et des lamentations que même les montagnes ne peuvent plus supporter. Vouloir être à la hauteur d’un regard. Tenir une promesse. Ne plus avoir à vivre dans les regrets et tenir le cours d’un rêve qui se cherche une existence au milieu de la brume encerclant nos regards.

            On se sent à bout, quand nos yeux n’ont plus de force de contempler l’horizon. Nos cœur, mourant, pleurant nos corps qui s’écroulent sur la rive d’une journée qui tire sa révérence, obligeant le soleil à déserter et les cygnes à tomber dans le silence, derrière la tristesse d’une colline endeuillée, laissant place à la nuit pour nous habiter et nous forcer à marchander nos rêves pour le peu de chaleur sensée nous maintenir en vie.

            Des fois on a envie d’oublier les mots, fermer nos yeux pour toujours. Nous oublier et nous faire oublier. Nous reposer pour un instant. Ne plus penser ni sentir quoi que ce soit. Adopter l’oubli et s’aventurer dans l’inconnu. Faire tomber les masques pour pouvoir voir le monde à découvert. Ne plus attendre sur la rive de nos vies. Ne plus subir les jours en les regardant défiler devant nos yeux. Ne plus attendre à en oublier la raison…..

            Sourire et pleurer avec sincérité pour rendre nos rêves à la vie. Enterrer nos blessures et nos désespoirs dans le jardin des ombres et des âmes perdues…

Une confession…à la mémoire de mon père..!!!

Un jour où le petit enfant qui commençait à faire ses premiers pas dans la vie et apprenait à aimer la terre qui l’a accueillie dans ses bras le premier jour de sa venue au monde.

Ce jour là n’augurait rien de particulier, à part que c’était un mercredi comme tous les mercredis qui se sont succédés sur cette terre récoltant le souvenir d’âmes sur lesquelles l’appel du temps avait tranché.

Un mercredi que l’enfant  s’apprêtait à  vivre au milieu de ses amis au fond des montagnes de l’Atlas.

Ce jour là, en franchissant la  veille porte de sa maison, il ne se doutait pas une seconde qu’il embrassait, pour la dernière fois, la main de l’être qu’il aimait le plus au monde. Qu’il entendait  sa voix et se cherchait du réconfort et du courage dans ses yeux pour une ultime fois. Il savait que son père était malade depuis quelques jours. Il n’a pas négligé non plus les larmes silencieuses de sa mère qui à chaque fois, le voyant,  se précipitait à essuyer ses larmes et faire semblant de  s’occuper d’autre chose. Il savait que quelque chose d’inhabituelle se passait autours de lui. Mais à son jeune âge il avait d’autres préoccupations dans la tête que de s’attarder sur le comportement des gens.

Cette enfant était une blessure et il l’est resté. Il commençait à apprécier la vie, croyant qu’elle est toute rose. Une amie à qui on peut se confier dans ses moments de solitude et d’abandon.  Ou, du moins, c’était comme ça qu’on  la présentait.

C’était une âme innocente qui apprenait à vivre entre les bras d’une mère et d’un père qui était tout pour lui (et son souvenir l’est toujours) et sa bande de frères et sœurs. Une vie sans vagues ni  mésaventures. Une vie tout court. Une présence qui leurs épargnait la cruauté du temps et des gens.

Un mercredi qui a brisé la vie et les rêves d’un enfant, l’obligeant à grandir au milieu du  vent d’une vie sadique. Avec un cœur enfermé dans le passé d’un rêve assassiné dans son berceau. Un jour où le soleil a cessé d’envoyer sa chaleur et sa lumière sur son cœur. Une âme qui s’apprêtait à abandonner son enfance et pleurer un présent qui se conjugue désormais à l’imparfait.

Un mercredi  où il a appris que même l’enfance n’est pas épargnée par la souffrance et la douleur d’une absence brutale d’un parent.

Un jour où on demande à un enfant de grandir, car il n’a pas le droit de vivre comme les autres. Que la vie en a décidé ainsi.

L’enfant pleurait l’abandon de ses rêves et son amour à la vie. Pleurait aussi le souvenir de celui qui le mettait à l’abris de la cruauté du froid et l’acharnement des vents de l’automne…..

Le père est parti un mercredi, sans que personne n’osait lui donner la raison de cette disparition soudaine. Le père est parti sans dire au revoir à son fils, ni le bénir comme à ses habitudes, à chaque fois qu’il partait en voyage. Parce que tout simplement, il n’y avait rien à expliquer où de réclamation à faire non plus.

Non,  Le père ne s’est pas enfui. Il est plus digne pour faire une chose pareil. Il a été enlevé par le vent du temps qui se faisait le plaisir de roder autours des sommets de cette montagne orpheline récoltant le souvenir des âmes qui s’y sont accrochées.

L’enfant pleurait sa vie, ses rêves et surtout un avenir incertain dans l’absence d’un visage et d’une voix réconfortante lui permettant d’avancer dans la vie. Dépourvu désormais de la chaleur de cette main qui l’aidait à se relever après chaque chute. Une âme le protégeant contre les aléas du temps et des gens.

Ce jour là, l’âme de l’enfant l’a abandonné lui aussi, et ses yeux ont cessé de regarder l’horizon obscure qui  portait avec lui une armé de nuits chargées de solitude et de larmes.

Il a pleuré le père et son souvenir, comme il a enterré avec lui l’enfant qu’il était et les rêves qui coloraient son existence.

Ce jour là, la vie a perdu son estime. Ce jour même où il a vu sa mère pleurant sa vie et ses rêves aussi. Elle se mettait toute seule en se murmurant des choses qu’il ne comprenait pas dans un silences théâtrale, où l’âme de la mère jouait le rôle tragique. Son corps, lui, la scène fragile supportant le poids des acteurs torturés par le sadisme des spectateurs.

Le père est parti accompagnant le couché du soleil dans l’infinité de l’horizon. Son souvenir l’habite, lui l’enfant qui n’a jamais grandi. Lui, cette blessure du temps qui n’a cessé de parcourir les routes. Priant pour l’oubli et détournant du regard le souvenir des gens et des routes parcourues.

Le père est parti, son âme a rejoint désormais l’infinité des cieux et la lumière des étoiles. L’appel du temps avait tranché sur son âme. L’enfant n’avait que voir cette image s’éloigner dans l’horizons sans qu’il ait à contester l’appel du destin. Ses larmes et celles de sa mère n’avaient que la froideur du vent pour les sécher. Les gens, eux , avaient autre chose à faire….Négocier des vies sur la tombe de ce souvenir.

Lui, l’enfant qu’il est, qu’il reste pour la mémoire de ce père dont le souvenir ne cesse de lui donner la force d’aller encore loin. Ne plus s’arrêter sur les débris d’un passé et d’un vécu qui n’en valent pas la peine. Avancer sans se dire que j’aurais du faire ci ou ça !!.. Abandonner les regrets et embrasser la sagesse de l’aube.

Ça fait vingt ans exactement que ce père est parti. Le vent et le temps n’ont pas réussi à avoir raison de son souvenir. L’enfant qu’on a obligé à grandir ce jour là a préféré déserter la colline. Il n’a jamais trahis cette terre, mais ses blessures n’ont jamais su se cicatriser.

Le père lui a interdit de pleurer sur sa tombe, temps que l’enfant n’a pas su être à la hauteur de la promesse de cette terre…..

Le temps est passé depuis. Les saisons se sont succédées. L’appel du temps a tranché sur bien d’autres âmes. La montagne continue désespérément à affronter les vents de l’hiver. Le vieil amandier a perdu ses feuilles, figé sur le sommet de la colline, rappelant que la vie était bien de passage il y a trop longtemps.

Lui, l’enfant qui avait envie de faire son deuil, il a finalement pleuré les larmes de son corps. Il s’est laissé aller à la sincérité de cette tristesse. A la vérité de ce moment qui lui annonce que son voyage devrait cesser désormais….que l’enfant qu’il était devrait se reposer en paix…..

Naître avec le jour et l’accompagner dans son voyage…..avoir foi en l’inconnu de ses rêves et la sagesse de ce souvenir….