Les traces d’une vie !

ifassne noukhddameJe me suis assis dans le hall de cet aéroport qui me supporte dans mon attente pour ce perpétuel voyage que j’entame. Il se demanderait qu’est-ce que je viens encore lui apporter en incertitudes et en tristesse m’accompagnant depuis cette naissance que je n’ai pas voulu ni demandé.

            J’essaie de repasser les images de ce passé qui a écrit l’essentiel des chapitres de mon existence. Cette existence pour laquelle je n’ai jamais porté de considération ni d’estime.

            Je me suis assis contemplant le reflet de ce visage qui porte les cicatrices d’une existence de bohème. Le temps a fait son effet. Mes yeux n’ont plus de force de contempler ce soleil qui m’a tant brûlé. Quelque voix ressurgissant de ce passé qui n’a jamais su me quitter et qui continu à ma poignarder dans mon âme au rythme des jours qui se succèdent sur ce corps abimé.

            Je regarde ce tas de gens qui m’entourent. Ils sont perdus comme moi, ou peut-être que je ne vois dans ces visages que le reflet de mon être à cet instant précis. Cette foule qui s’entremêle et qui se disperse pour disparaitre dans la brume de ces couloirs interminables.

            Je marche sans savoir vraiment où je vais. Quelques fois j’examine mon billet pour avoir l’assurance que je ne me suis pas trompé de destination. D’autres fois je me dis : est-ce vraiment ma destinée ? Errer ainsi sans jamais me poser de question sur la finalité et l’aboutissement de ce voyage qui a commencé le jour où j’ai ouvert les yeux sur ce monde. Ma mère m’avait confié son silence comme ultime amour qu’une maman puisse offrir à son fils. Mon père, lui, m’a appris à ne jamais retenir mes larmes quand je suis seul et surtout ne jamais ignoré les appels de mon âme au risque de me trouver blâmé par la terre qui a gravé notre tragédie sur son cœur, pour l’éternité.

            Je me dis qu’au milieu de mes songes, je pourrais trouver des réponses à mes blessures d’antan. A ne plus condamner ce corps qui a enduré toute cette histoire. Le témoin de cette vie qui n’a jamais eu à me sourire ou à me pleurer non plus. Les larmes étaient pour moi. Elle (la vie), regardait ailleurs. D’autres amants et horizons lui promettaient ce que je ne pouvais pas lui offrir. L’illusion d’être…..

            Je ne saurais jamais dessiner des rêves sur le visage de ce ciel qui me regarde en étranger. Je ne saurais aimer assez cette étoile malgré qu’elle essaye d’illuminer de plus qu’elle peu l’obscurité de ce chemin que je continu à parcourir. Une étoile, une lune et beaucoup d’attente et de prière pour l’abandon et les douleurs d’un pèlerin qui a marché toute sa vie pieds nus. Pour les autres qui savent prier, je les regarde et je me dis qu’ils ont peut-être trouvé l’ultime réponse à leur vie. Ne plus se poser de question et avancer tête baissée….

            Habitants du ciel et des entrailles de la terre ! Je vous supplierais de regarder ce corps et panser ses blessures. Je n’ai pas envie de cette pitié qui me renvoi ma faiblesse. Je vous demande de me rendre cette lumière qu’on m’a arraché l’enfant que j’étais. Vous qui priez pour l’amour et les songes de l’oubli. Je vous dirais de prier pour mon âme et dites que ce bohème est passé par là. Il vous a fait pleurer, il vous a été indifférents, il vous a fait sourire peut-être. Ce petit souvenir que chacun a gravé sur ce corps a fait de mon âme ce qu’elle est aujourd’hui. Beaucoup de routes, tant d’errance et d’abandon. Elle n’a jamais fléchie, car elle a toujours cru qu’au bout de ce chemin il y’aura bien des réponses qui l’attend.

Peut-être qu’à la frontière de cet horizon lointain, il y’a une autre vie qui commence….ma vie bourgeonnant sur les bords des routes que j’avais traversé…..

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5 réflexions sur “Les traces d’une vie !

  1. Moi aussi, j’aimerai bien cesser de condamner mon âme sur des blessures qu’elle n’a jamais causé…….c’est vraiment un désire acharné! je supplie le Seigneur des Univers de rendre mon coeur … fleuri !

  2. Les traces d’une vie de Moha.
    Article super ! pour ne pas oublier nos origines et notre parcours.
    Comme vous, j’en suis fier.
    Merci.

    • Merci pour le passage;

      Les Mohas sont étouffés par le silence complices…Il faut qu’il se déparassent de cette poussière qui a tué en eux l’amour de la vie et la dignité des collines…Le chemin est encore long, mais il faut bien commencé quelque-part !

      Cordialement;

      H. Oumada

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