Le lanceur de dés !

Prière (2)J’ai commencé à jeter les dés sous cette pluie en larmes…

J’attendais la chance venir me tenir la main…

Je ne ressens plus le souffle de mes rêves….

A regarder le jeu de ma vie, figé devant cette fleur attristée…

Tout ce temps à entendre ces murmures sans avoir à sourire….

Les rideaux de cette pièce viennent de tomber…

Ne me parle plus de retour, la vie en a déjà fait assez….

En priant l’espoir venir t’embrasser….

En attendant que la nuit puisse nous apporter la paix….

J’ouvre cette main, je tremble fixant ces murs…

Je n’ai plus rien à dire…..

Mon regard s’évanoui dans le silence de mes songes….

Ce passé venant danser sur nos âmes….

Mais tu peux toujours pleurer ton sort….

Ma peau est un tableau pour l’abandon…

Mes peurs n’ont plus de douleur à crier….

Je veux juste dormir en paix…

C’est toujours ce visage qui me revient…

C’est toujours ces mêmes mots qui m’oppressent…

Cette vie qui coure dans mes veines….

Cette vie qui s’est réfugiée dans mon âme….

Dans le silence de cette nuit.….

Tu peux mourir…

Tu peux courir…

Tu peux rêver…

Mais tu peux aussi aimer….

Histoire absurde !

taghbalteOh cœur ! Rassemble tes débris pour rejoindre le cimetière des oubliées….

Que faire de toutes ces illusions qui planent sur le corps de cette âme meurtrie ?….

L’incertitude de ces mots qui périssent sous les pieds de ce ciel qui t’ignore…

A demander au vent de bien vouloir panser les contusions de ce passé….

Ma nuit couvrant sa poitrine avec la pudeur d’une religieuse….

Épuisée à me pleurer….

Dans quel exile seras-tu encore demain ?…..

L’âge s’est enfuit avec l’éclair de mes rêves d’antan…

Moi, je continu à dessiner le visage de cette histoire absurde….

La nuit m’accompagne….demain saura l’enterrer….

Je continuerais encore à chercher ce rêve….

……à chanter l’illusion de ma délivrance….

…….peut-être que les dieux finiront par ne plus m’ignorer…..

La prière de l’absent…!

               ighrameCe soir, j’ai eu encore à parcourir les labyrinthes de mon existence. A vrai dire, j’en avais besoin. Ça fait longtemps que j’essaie de fuir ces pensées assassines, ces ombres, ces images, ces visages et ces voix qui m’appellent de l’abîme de ce passé lointain.

            J’ai eu encore à empêcher mes larmes de couler, à essayer de rester impassible comme j’ai toujours su faire. La faiblesse n’a jamais eu à faire partie de mon dictionnaire. J’ai un corps qui commence à me lâcher à force d’épreuves et d’errance. Des yeux qui se sont vidés de tout sourire depuis longtemps, une âme aigrie par tout ce temps passé à parcourir les routes avec seule compagne, la nuit et ses incertitude. J’avais des moments où je me posais la question sur la raison qui me tenait encore en vie. Pourquoi cette éternelle fuite vers ce lointain horizon qui m’est inatteignable ? J’avais cessé de me poser des questions, je ne regardais plus vers ce passé qui a dessiné sa tragédie sur mon âme.

            Je me suis rappelais de ces routes que j’ai parcouru en solitaire, comme je me suis rappelais du jour où ma mère pleurais mon départ en silence. Elle souffrait dans son être, me voir partir sans aucune certitude de retour un jour. J’ai pleuré ce jour-là, moi qui ai juré de ne jamais pleurer aux yeux du monde. J’avais oublié que le sourire de ma mère était Le monde. Entre temps, j’avais perdu la foie en les gens et Leur monde. Ma mère priait pour la paix de mon âme. Je savais qu’elle le faisait à longueur de ses journées et une grande partie de ses nuits. Le fils qui n’a jamais su oublier l’injustice d’une société qui se satisfaisait à elle-même. Ma mère me supplia de prier le Dieu des cieux, d’essayer de pardonner et de regarder vers le ciel en y cherchant le salut du divin.

            Me concernant, je n’avais plus le courage à regarder vers ce ciel qui m’a pris mon père. Pourquoi moi et pas les autres ? C’était la question que l’enfant de huit à l’époque s’était posé sur le moment, quand on lui avait annoncé que le destin a tranché sur l’âme de son père. Tout le monde savait qu’il était condamné après la quarantaine d’années passées en exile à servir l’homme blanc, travaillant dans les mines de charbon et les chantiers d’amiante, etc. Mon père n’a jamais su nous dire qu’il avait mal, c’est des choses qui ne se disent pas chez nous. Plutôt la mort que d’avoir le sentiment de faire pitié, chez nous on meurt dans la dignité du silence et l’absurdité d’une existence en sursis. Mes souvenirs me renvoient encore ces moments où il gisait dans son sang, pendant ses moments où il crachait le sang de ses poumons. Son corps en avait trop pris pour lui offrir ce privilège de mourir en bonne santé. A croire que la tragédie a toujours chanté son hymne sur les collines de cette montagne qui nous a enfantés.

            Les répudiés du temps comme nous, n’ont pas le droit de mourir en paix, c’est ainsi que les dieux l’ont décidé. On commence nos vies en ayant à sortir du ventre de l’impossible, au milieu de cette montagne endeuillée…puis s’en suit l’exile et l’errance à parcourir les terres des autres avec le sentiment de perdus comme des orphelins abandonnés devant la porte d’un temple attendant une âme charitable se prendre d’affection pour eux….Et au bout, on aura à contempler nos corps nous lâcher graduellement sans que nous nous puissions faire quoi que ce soit….sauf attendre la mort venir nous porter secours et nous couvrir de sa clémence. Les yeux auront encore à pleurer sur notre passage sur ces terres avachies, mais le monde saura très bien comment nous oublier….comme il a toujours fait.

            J’ai cessé de vivre ce jour-là. Ce n’est pas la vie en tant que telle, mais l’existence de ce monde que je venais de quitter. En ce moment précis, je savais que mon voyage sera long, très long que je risque de sombrer dans l’oubli. Seul ce quelque chose, me tenant encore à cette terre, m’oblige à revenir sur mes traces. Mais à chaque fois que j’essaye de revenir sur mes pas, je me rends compte que je m’éloigne encore plus que jamais. J’ai sombré dans l’inquiétude, l’incertitude, l’incompréhension, mais surtout dans l’angoisse de me perdre sur les routes de l’errance. Il y avait des moments où je me regardais dans la glace, je ne me reconnaissais plus…. je sais que le temps est passé….je sais que j’ai changé….je sais que je suis vivant quelque part…..je sais que ma mère prie encore pour le salut de mon âme…..que mon ancien monde est tombé.

          Survivre au-delà de cette angoisse de ne plus appartenir à nulle part. A vrai dire, je ne me suis jamais posé la question. En fait, chez nous, on ne se pose pas trop de question, le silence parle à notre place. Les mots se sont résignés à partir avec la dernière tempête qui a récolté le peu d’aspiration à la vie qui restait sur le sommet de cette colline.

        Ce soir le passé m’a encore rendu visite….ma mère continue à prier pour le salut de mon âme….moi, je continue à agoniser dans l’incertitude de mes chemins de l’errance !