Le vagabond !

photographiqueChaque fois que mes journées s’alourdissent, je me dis que demain sera là bientôt…bientôt a quand même durée toute une vie….Je regarde mon âme, abîmée, brisée…des jours qui viennent, d’autres qui arrivent pour enterrer ceux que je viens de traverser….Ou ces murs qui me contemplent avec indifférence….

Ai-je à poursuivre mon chemin ? Ou aurais-je à m’occuper de panser ce tas de blessures pétrifiées qui rangent mon corps ?….Non, le soleil finira par essuyer mes larmes….des jours et des nuits qui me traversent sans avoir à s’arrêter pour prier sur mon souvenir…..

Je regarde du haut de ce pont qui trône sur cette ville….la nuit a gagné les esprits, l’obscurité ne laisse paraître que quelques reflets de lumière timide à la surface de l’eau….Je m’attarde à la contempler, j’y vois toutes une vie qui défile, entre l’illusion d’être et le regret d’avoir été….l’avenir n’a jamais fait partie de mes calculs…..je vivais chaque jour comme si c’était le dernier…Entre une attente qui pesait sur mes jours et une âme épuisée à attendre l’aube se pointer sur sa porte…..

Au milieu de ce silence qui fait loi….au milieu de la nuit de cette ville, où le monde s’est évanoui dans son éternel sommeil….il ne restait que moi et mes songes….à me contempler, à me parler, à me confesser, et surtout à me dire : as-tu vu toutes ces routes traversées ? Te rappelle-tu un peu d’où ta vie a pris vie ?…..Là où les racines de ton âme ont eu à fleurir sur les collines de la terre qui t’a enfanté……

Je lève mes yeux vers le ciel essayant d’y chercher un peu de lumière….plus d’obscurité couvrant davantage mon être….Mon corps frissonnant…..la neige tombant sur mes mains tendues cherchant le néant…..Je marche sur le bord de ce chemin interminable….je vois la fumée se dégageant des cheminées….l’odeur de la fumée de mon enfance me revient en souvenir….du silence, de la nostalgie, de l’incompréhension, des larmes et surtout cette question qui me poursuis depuis le premier jour de mon errance : qui suis-je en fin de compte ? Entre là où je suis à l’instant et le souvenir que je suis devenu dans l’imaginaire des gens que j’avais à croiser sur mon interminable chemin……..Ou tout simplement, ne suis-je qu’une illusion ?

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9 réflexions sur “Le vagabond !

  1. « Le monde nous détruit tous, et ensuite, beaucoup sont plus forts là où sont leurs fractures. » Ernest Hemingway
    Bises

  2. Surement je te comprends cher ami, on écrit avant tout pour rendre le crayon un esclave de son imagination, ses souvenirs, son mémoire et de ses sentiments. Perso, je trouve toujours un bonheur de lire des textes pareils, surtout quand ils sont encombrés de sensations et de crédibilité des sentiments. Et surtout quand ils sont écrits avec une langue très bien entretenue, raffinée et bien structurée. Wahli d awal, imkilligh ak ad nnigh tirra asafar ad gant asafar adda g yad ur illi awd yiwen usafar. Mes amitiés dda Hassan.

      • Tu es pardonné cher ami, et si la vie ne tenait qu’aux fautes d’orthographes, la tâche serait facile….Le problème c’est quant on se se pose la question: et si notre vie n’est qu’une erreur 😉 .

        Au plaisir Daa abdou;

        Hassan

  3. « Te rappelle-tu un peu d’où ta vie a pris vie ? »

    J’aime beaucoup cette phrase, cette interrogation, tout comme le texte qui évoque tant de souvenirs et une « introspection vagabonde » authentique.

    • Ce genre de questionnement arrive quand les mots n’ont plus d’énergie et quand l’âme a juste envie de se trouver une consolation dans ce passé lointain….en vain….

      Merci pour votre passage;

      Mes amitiés;

      Hassan

  4. Bonjour Dda Hassan. Tout au long de ce texte plein du chagrin et de souffrance et qui m’a donné la chaire de poule, j’ai senti que c’est à moi qui sont adressés ces mots. Etant donné que je pose aussi cette question eternelle et existentielle « Qui suis-je »? . Je n’ai aucune réponse pour l’instant, je laisse au hasard la liberté de me définire une. Puisque mon libre arbitre ne m’appartient plus. D’ici la, je continue de vivre pour je ne sais quelle raison, mais je sais que je dois vivre quand meme, au moins pour déguster encore la splendeur de tes écrits, qui je le répète encore, méritent d’etre rassemblés dans un livre digne de son nom. Un ami m’a parlé de toi en me disant que tu écris beaucoup sur la nostalgie, l’errance, les vestiges, le chagrin etc.. et que tu dois changer un peu les thèmes, mais je lui ai répondu que rien ne vaut plus la peine pour que l’on écrirt sur. Je lui ai dit aussi que Hassan est un vagabond,et un vagabond a toujours besoin de renouer les liens avec sa terre natale qu’elle l’a nourri et allaité. Et ses écrits est sa façon de le faire.

    Salut cher ami! Fais signe si tu te connectes sur Skype !

    • Tanmmirtnke dda Abdou,

      En fait, j’écris pour moi même avant les autres. C’est mes seuls moment de sincérité et d’évasion…. J’ai voyagé et vécu un peu par tout, et il faut avoir ce sentiment quotidien d’avoir l’impression que notre vie a été vécu sur les routes, au moment où d’autres passent leur vie dans un même endroit.

      Je comprend ton ami qui dit que j’écris toujours sur le même sujet. Comme j’ai dit, je ne peux pas écrire sur quelque chose que je ne connais pas ou qui ne m’a pas marqué dans mon existence. Je sais pas écrire sur la vie en rose ou l’illusion que tout va bien…. Peut-être pour lui c’est le cas, il peut essayer de nous faire partager son expérience, peut-être que j’y trouverais des réponses.

      Me concernant, l’écriture est une thérapie qui me permet de voir les choses autrement et de me donner raison d’avancer dans ce que j’entreprend….Le vagabond que je suis comme tu dis, n’a pas choisie cette vie, il fait avec et essaye du mieux qu’il peut d’être à la hauteur de ses rêves et les aspirations de sa colline…J’ai toujours vécu dans la nostalgie d’un fragment de mon existence, mais cette nostalgie m’a toujours pousser à aller plus loin et à découvrir d’autres cieux, cette nostalgie me permet d’aller de l’avant et ne pas m’enfermer dans le passé….je suis à la quette de quelque chose…de moi même premièrement, mais d’une autre façon de vivre que je n’avais pas trouver chez moi dans mon village…

      Pour finir, le jour où j’aurais fait le deuil de mon existence et la tragédie de cette colline que j’ai déserté, j’arrêterais d’écrire, car ce jour là je n’aurais plus de raison de me confesser à ma feuille 🙂 .

      Merci cher ami, je te ferais signe sur skype quand je rentre chez moi…car là je suis encore en déplacement quelque part dans ce monde…

      Au plaisir;

      H. Oumada

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