Les nouvelles de la pluie !

tof amaneC’est quand on s’installe quelque part que notre voyage commence. Oui en effet, on rentre entre ces nouveaux murs, ce nouvel espace. L’incertitude nous gagne, l’inconnu nous guette. On ne sait pas par quoi commencer pour faire partie de ces lieux, ou par où aller pour commencer tout court….

On attend, on médite, on ferme les yeux et on a l’impression de passer de l’autre côté de l’ombre….

On ré-ouvre les yeux…. Les mêmes murs, le même silence…. Ce sentiment de froid qui se mêle à la solitude de l’instant présent, interrompu de temps à autre par une chaleur venant de ce passé qui a déjà tiré sa révérence depuis ce matin où on a pris la route…..Oui, le passé n’est jamais achevé…Peut-être qu’il est inachevable après tout !

On se met à regarder dans la fenêtre. De nouveaux voisins, de nouveaux jours, de nouveaux espoirs aussi….

Au milieu de toute cette incertitude, on essaie de mettre de l’ordre dans nos pensées, dans nos regrets… Mais aussi dans nos attentes pour la vie….

Après tout, c’est pour cela qu’on se retrouve ici à l’instant….. On a quitté toutes ces vies pour courir derrière la Vie. Tourner le dos à la médiocrité de notre passé. De ces maisons et ces arbres déracinés…Mais aussi ces trahisons que les jours finiront par dissiper…. ou pas….

Je me rappelle des mots d’Hannah Arendt, la solitude oblige à avoir une discussion entre soi et soi-même. Oui, c’est terrible et c’est bien cela. Les premiers pas dans ce nouveau monde. Ces nouvelles –anciennes-  incertitudes qui vous gagnent….

Pourquoi et comment de tout cela ? Au fond de vous, vous savez que vous n’aurez jamais de réponse…..

Vous faites avec et vous essayez de passer à autre chose. Peut-être bouger les meubles, faire un peu de ménage ou vérifier si vous avez de l’eau chaude, etc….

Il reste que j’ai l’air d’un fiévreux au milieu d’une pluie de balles perdues. Le naufragé de quelque chose…Devenu désormais ce qu’on pourrait appeler un concept d’être.  C’est ici aussi où on se rend compte qu’il y a notre vérité, celle des autres et la Vérité…..Celle qui relève des dieux et que les créatures tremblantes ont placé au-dessus du reste…. Même la vie….

Je n’ai pas envie d’oublier toutes ces choses. Tout ce dont j’ai envie c’est de ne pas m’en souvenir. Personne ne consent à la douleur, sauf ces êtres abîmés pour qui la tragédie est une prière…. Avant le vide éternel, le châtiment…. Au-delà de la sentence, peut-on avoir des remords, quand notre seul crime était de vouloir être ? Ceci dit, à l’instant, je me rends compte qu’avoir des remords c’est accepter de souffrir…

Je regarde le ciel de cette fenêtre ouverte vers l’inconnu. Une question m’obsède : Devant ce mal qu’est la création, n’est-il plus légitime de reprocher au ciel toute cette tragédie que nous vivons au quotidien, au lieu de le remercier de nous avoir créés pour le prier en pleurant nos blessures ? …. Je sais que c’est ridicule…. Au-delà du fait que je suspecte plus ou moins l’issue de la réponse, le plus difficile est de savoir avec quel sentiment pourrait-on affronter ce dénouement ? De la pitié, du mépris, de l’indignation, de l’attendrissement ou même de l’indifférence tout court….que sais-je ?

Dans cette mélancolie qui m’habite en attendant les nouvelles de cette pluie qui tarde à tomber, je me suis résigné à dire, à quoi bon de persister à essayer de corriger les faux raccords de nos existences ? Le passé n’est-il finalement qu’un présent déchu et le présent, un passé en devenir….

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