Des humbles et des humiliés

imgJulien Green disait « Dieu n’ayant pu faire de nous des humbles fait de nous des humiliés.».

Aujourd’hui, le soleil est venu cogner à la fenêtre de mon bureau. La lumière aveuglante a transpercé mon être.

Une certaine mélancolie a commencé à me gagner. Ne dit-on pas que la mélancolie est un état qui nous permet de voir les choses comme elles sont, sans illusion ni déni…. Qu’elle permet ainsi de faire le deuil de choses qui ne sont pas censées exister… mais qui sont toutefois ancrées en nous.

C’est d’ici où vient la lumière ? Me suis-je dit comme un possédé. Elle ne pourrait pas venir d’ailleurs de toute façon. Encore moins de mon âme habituée à la pudeur de ces nuits qui veillent sur mes démons !

Je suis en train de contempler le vide qui couvre ce soleil aveuglant en essayant de fuir ce vide qui m’habite… Les miens disaient : les maisons sont le tombeau des vivants, c’est pour cela que nous avons choisi d’habiter l’immensité…. Je me questionne en ce terrible moment : que sont devenus les miens ?

À force de rêver du paradis, ils ont cessé d’aimer la vie !

Un silence assourdissant accompagne ce moment. Quelque chose de mécanique m’habite. Un sentiment d’érosion prend possession de moi. Je ne m’en fais pas à vrai dire. Je serai toujours ce possédé qui erre pour expier les péchés de ces troupeaux en prière. Les dieux voulaient un sacrifice. Il fallait bien désigner un sacrifié… Je savais qu’avec ma naissance, je prenais part à un jeu tronqué… donc, perdu d’avance. Pas trop de questions à se poser : le silence était déjà de trop….J’ai périe depuis !

Rien n’est plus terrible que de déléguer la responsabilité de son existence. À n’en plus assumer les incertitudes et les chutes…..Autrement dit, que la morsure de la conscience soit emprisonnée dans des remords exigés au nom de je ne sais qui….Une sorte de fatalisme courageux du croyant qui lui confère la force de se soumettre, mais jamais à se révolter…. Je dois avouer que je suis des fois « jaloux » de ces êtres soumis qui n’ont pas conscience de leur propre condition d’esclaves….qui, ultimement, consentent à ce que les Hommes soient asservis….

À y penser, le courage n’est finalement qu’un point de vu : avoir le « courage » de se révolter contre les dieux (ou leurs porte-paroles déchainés) ne vaut finalement pas plus que le « courage » de s’y soumettre et les prier la tête courbée…..

Je fini par me dire, qu’en dépit du fait qu’on m’a déchu de l’existence, personne n’était jamais capable de me départir de tout ce que j’ai de plus précieux : c’est à dire mes doutes…vulnérables mais passionnés de justice…et de cette liberté insaisissable qui me hante autant qu’elle me donne la force de continuer à questionner le monde…

Ainsi, c’est peut-être qu’en embrassant notre propore déchéance qu’on finit par prendre conscience de notre humanité…. car c’est là où on se rend compte que le diable n’est finalement que l’incarnation du plus beau des péchés : celui d’interroger et douter…. C’est ainsi qu’on pourrait connaitre la vérité, mais jamais la posséder ou la détenir…

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